Les carnets du Khan – 27/01/2025

La nuit est propice aux extrêmes. Les peurs se font plus grandes, les émotions sont décuplées, les sensations prennent une réalité qu’on ne leur reconnaît pas, d’habitude.

La nuit, se faire peur. Observer les ciels, toucher du doigt les étoiles, se faire peur de l’immensité. Du sifflement du vent. Des bruits, cognements grondements et déchirements de la tente.

Se faire peur de vivre la nuit.

Et le froid.

Température au sommet de l’Aiguille du midi -8°

Température ressentie au sommet de l’Aiguille du midi -19°

Insomnie radicale. Préparation au voyage. Insomnie chronique de la nuit dans le froid (dehors), dans le vent (à l’extérieur), dans les rêves bizarres de pièces de monnaie qui manquent dans la poche.

Help me Dr Freud, il me manque des sous !

Ou tout simplement, il me manque de quoi. De quoi résister au froid. De quoi grimper jusqu’en haut. De quoi atteindre le Bleu céleste. Et de faire, surtout, que je m’y plaise.

Température au sommet du Khan Tengri -38°

Température ressentie au sommet du Khan Tengri -49°

Faire à l’âge où l’on dort ce qu’on devrait avoir fait à l’âge d’or.

Faire à l’âge avancé ce qu’on aurait pu faire il y a des années.

Faire reculer les frontières.

Avoir peur de ne pas faire plus qu’avoir peur d’être défait.

Ne pas avoir peur, finalement. Que risque-t-on à faire, à dire, à être quand on approche de la fin ?

Oui. Que risque-t-on à risquer sa peau finie, son enveloppe bientôt atteinte, son être fuyant aux longues années qui s’empilent et s’effacent ?

Pensées déplacées, suis en pleine forme et en bonne santé, mais pensées tout de même.

Allez, se recoucher !

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