Les carnets du Khan – 24/11/2025

L’épaule, semble-t-il, est une articulation difficile. Un peu lâche exprès, très ouverte exprès, sans aucune frontière autre que le bon vouloir des cordages qui la lient aux os. L’épaule, chez moi, n’a plus qu’un gréement de fortune. D’infortune, en ce moment.

L’épaule c’est aussi l’approche. Le replat qui sur une crête permet de reprendre son souffle avant la montée finale vers le sommet. La montagne, un bon géant large d’épaules qu’on parcourt comme une anatomie. Mon Bleu céleste a sûrement les épaules larges et, je l’espère, coopératives.

Température au sommet du Khan Tengri -32°

Température ressentie au sommet du Khan Tengri -47°

Mon épaule n’a rien de bon, ni de solide. Elle manifeste son attente du renouveau, me taquine les côtes en demandant que j’opère, elle me regarde – enfin, vous voyez ce que je veux dire… – dans les yeux en faisant des petits cris crissements grincements et craquements. Mon épaule, elle craque et ça craint. Manœuvrer m’inquiète, tracter me fait horreur, lever la main ou tendre le bras sont des actions qui m’avertissent à chaque fois. Dedans, ça se fissure, ça se détend, ça se déchire, les photos de mon épaule n’ont rien d’attrayant.

Peut-être que marcher, c’est ce qu’il me faut. Descendre à Lourdes, tiens, il paraît qu’il s’y passe des choses. A pied pour renforcer la contrition, se laisser envahir par la piété, attendre, oui, attendre un petit miracle – après tout, je n’en demande pas trop à l’intervention divine, je ne suis pas loin d’être parfaitement valide ! Et de Lourdes, enchainer. Cheminer le long des côtes basques, descendre le camino del norte, un autre bon chemin quand on reste dans l’attente d’un miracle. Au passage, se grimper la Rhune, montagnette sympathique et sans les mains.

Température au sommet de la Rhune 8°

Température ressentie au sommet de la Rhune 2°

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