Ça faisait longtemps. Un bon longtemps de pause avec fêtes, neige, amis, famille et amour. Un longtemps qui fait du bien pendant que les articulations doucement se remboîtent, pendant que mon roman Après la neige finit de finir de paraître, pendant que mes pieds s’entraînent à ne pas toucher terre à force de nouvelles exaltantes.
Alors, mon Bleu Céleste, crois-tu que je t’ai oublié ?
Non. Je ne t’ai pas oublié, je t’ai simplement rapetissé. Loin de faire 7000 m, je t’accorde maintenant plutôt dans les 2000, 3000 m au maximum, un sommet bien pointu bien joli mais riche en air, en oxygène et en facilités. Un sommet bien comme il faut, mignonne pointe alpine, escalade facile, une journée plaisir dans les Aiguilles rouges face au géant local, du bon rocher et quelques prises un peu rudes mais sans gravité. Oui, mon petit Bleu de la côte très Est, tu as rapetissé. Me laissant le temps de me remettre. De m’apaiser. De me dire que, finalement… que rien… de me dire…
Boum !
Je viens de me prendre un grand coup de réalité !
Bim bam boum ! Mon Bleu Céleste ne supporte pas la relâche, encore moins les comparaisons et m’envoie son altière altitude et ses degrés aberrants en plein face.
Mon Bleu Céleste, tu viens de sonner l’heure du réveil.
Température au sommet du Khan Tengri -33°
Température ressentie au sommet du Khan Tengri -55°
