Vestibule

L’orée d’une bouche enserre les flots de parole. Ils, les mots, restent. Les yeux sont fous d’impuissance, les mains liées au sommet de leur courbe, les bras, pendants, errent. L’entrée est cachée, ne se fait pas. Les mots vivent à l’orée de la tombe. Une porte, s’est refermée.

Zoë

De son nom jaillit la vie. Courte, intense et lumineuse, sa couleur arborée fièrement. Son nom est, à tous, un mouvement d’abstinence, une sortie contrôlée sans grande peur, sans effroi, sans cris, une sortie dessinée dans le ventre d’une femme, et guidée. Elle y trouve sa trace, et s’enflamme des autres, elle qui donne. C’est […]

Attrape, coeur

Piège retors, habile et funéraire, tu repais ton envie d’involontaires cruautés. Attrape, cœur, attrape ! Et déchire. Et mords. Et surtout ne pas dire, ne pas relâcher les prisonniers de ta cage effarés. Attrape, cœur, et garde le secret bien conservé.

Côté jardin

La terrasse avide de rencontre assoiffée Envahie d’artichaut échevelé Arraché de sa tige Déplanté dans ton cœur Lumière violette violente ton sexe volette et perce des traces d’azur Une folle traîne absurde limace livraison d’extase en livrée de chasseur Une grandeur évanouie venteuse altitude parsemée de roches claires Des obstacles Des ardeurs Odeurs de résine […]

Altitude

A hauteur de branches terrien maladroit A hauteur de cime animal perdu A hauteur de faille Dans la canopée des moqueurs mon air partagé sans obstacle Mon sol est une île Désertifiée

Pause

Une enveloppe mystérieuse percée mordorée libère des chairs rutilantes Un ouragan final gifle les oiseaux Des pêcheurs maniaques déchirent leurs filets Leurs cabines malaxées d’une pluie diluvienne Charognard d’allégresse tu carnassier manges ma tristesse

Une rose

Un miroir de sable dit son nom Son nom est vitriol évanoui Son cœur sidéral filtre une lumière lunaire Ses derniers rêves livrent une brumeuse aubade Un froissement de ses paupières ensablées libère son effluve aux vents étourdis Fennec maléfique Elle ébroue ses bras musclés Une femme désertique

Sables

1 Un voile tramé de filantes écartées couvre les doigts évasifs L’araignée d’or tisse une rive jaune Chocs défilés caresses de paume perles qui gouttent du peigne fugace Le sable furtif crible futile attise l’enfant pourvu de secondes 2 La griffe immobile est preuve d’antique D’or elle a blanchi et poli jusqu’à l’os Fichée dans […]

Le froid est mort

Paris, janvier 2020. Les benêts s’ébaubissent à l’étrange chaleur propice aux éclats et boissons. Je marche vite, le pas pas en grève. La lumière me fait espérer une belle soirée d’hiver, un froid piquant, une bise mordante. Une lutte agréable dont je sortirai vainqueur. Et grandi. Mais non. J’ai chaud. Paris, janvier 2020. Je rentre […]