La fumée

La fumée est l’amie quand elle indique l’humain, la présence d’un semblable, la rencontre salvatrice. La fumée est la fin quand elle gère la mort, défait l’enveloppe, envoie au loin un souffle défunt. Fumée de salutation ou de désolation, fumée d’accueil ou d’adieu, la fumée emporte vers une vie nouvelle. Ou renouvelle.

Elle comme Icare

L’ambitieuse évadée s’est bien ri de la geôle Elle a pigné des poings elle a frappé des pieds d’une source tarie n’attendant plus l’obole est allée, de dépit, se jucher sur le dais De là-haut elle attise, elle rit de leurs peurs Enflammée de sang-froid, vaccinée au bonheur devant tous les perdants criant à ses […]

Chat

La vie n’est pas un jeu quand on ne joue pas à chat. La vie n’est pas un jeu quand on pèse deux kilos. Elle est source d’effroi, peur absolue et violence à l’envi. La vie n’est pas un jeu quand la nuit vous entoure et que les herbes vivent, les pierres sourdent, que l’air […]

Sonnet du cador

Cador le matador adore me mettre à l’heure Il m’attire me retourne et dégaine son espoir Enhardi de l’obscur qui dilate ses deux noirs Il me plante en doublette ses dix griffes au valseur Matador, à minuit, d’envie il s’exaspère Explorant davantage d’avantages peu subtils Tempête et se pavane, se déleste et libère D’une lourde […]

Le coin

Une phrase peut suffire. Un mot, même. Petit mot insidieux. D’allure débonnaire il force l’ouverture, explore la fissure, écarte les défenses. Un petit mot l’air de rien instille le malaise, détruit l’harmonie, te rend maladroit. Un mot comme un rien, tutoiement trop rapide comme une caresse sur l’avant-bras qu’on ne demandait pas. Une question sans […]

Succulence

Succulence de ta figue Sucée lentement ta figue affolée de spasmes attise le taraud qui t’empare en esprit Humée lentement ta figue nourrit de son jus la mèche intègre sous son dais de lenteur Succulence de ta figue Rémanence de ton eau Persistance de ton musc attisant

Portrait de sable

Si c’était une œuvre d’art Surchargée de vulgaire Si c’était un objet Une idole grossière Un lieu Le temple du soleil Si c’était une action Elle serait orgiaque Si j’étais seul Ce serait un cauchemar

Le brouillard dissipé

A l’ombre moirée un rêve familier de mes jours Mes amis mes elfes ma vie comme toi s’enfuyaient Mes yeux béaient Leurs mains rutilantes déchirent ma vision Leurs pieds orageux écorchent mon tapis Leurs cris dénudés                                                     leurs cris dénudés

Petit soleil

Petit soleil pointe sous mon oreiller. Charme. Luit. Chauffe la toile, pétrit la mousse, libère mes cheveux. Petit soleil évacue le rêve mauvais, d’un rai il me tend, de l’ombre il m’extrait, hors de peine et de désespoir. Petit soleil caresse la peau qui décolle du drap, accompagne le corps, accueille la chair. Il me […]