À Cilaos
Assis là-haut À Cilaos Les lèvres sur les yeux de mon amante Assis là-haut À Cilaos La verge dans le ventre de mon amante Assis là-haut En elle À Cilaos
Assis là-haut À Cilaos Les lèvres sur les yeux de mon amante Assis là-haut À Cilaos La verge dans le ventre de mon amante Assis là-haut En elle À Cilaos
Étrange impression de suspens rassurant. Entre les lattes, un vide qui appelle sans attirer, qui suggère. Impression d’une échelle démesurée, silhouettes papillonnant à l’autre bout comme dansant, des bougies, les flammes. Drapeaux priant d’atteindre l’autre rive. Un temps gagné à ne pas descendre, ne pas remonter. S’en faire un chemin tout droit, insensible, aérien. Voluptueux. […]
La houle de ta vie s’impose à la mienne et les vagues de ton cœur sont des creux inattendus, des hauteurs improbables qui défient ma flottaison et me retournent comme une barque et puis j’aime ta légèreté quand tu renonces à me prendre et me laisses mouiller dans ton port.
J’ai choisi mon père chez les amants de ma mère. Un gros, deux petits, une tripotée d’ascètes esthétisants. Eux, je les ai rejetés. J’ai choisi mon père parmi ceux des amants de ma mère qui la contrariaient. Un prof. Un sportif. Un boucher. Eux, je les ai triés. J’ai choisi mon père parmi ceux-là, tenant […]
Impossible de respirer tandis que la main s’abat sur mon visage. Mon ventre comprimé. Impossible d’espérer tandis que le pied se lève, mécaniquement, me pistonne la gueule. Impossible de crier tandis que la terre s’imprime dans mes narines, s’enfuit dans ma bouche, me déchire l’œsophage. Impossible de vivre, alors.
Sur la joue gauche il naquit. Grandit. Gêna. Prospéra. Rejoint par ses congénères, encadrant le regard qui disparaît. Une tristesse du début pâlissait, s’envolait, revenait. Remisé par un passage adulte, repris en main dans la suite de ses ans, il laissa une marque pérenne. Un trou crénelé, dentelé, sculpté dans la chair. Comme une évidence.
Neuf cent soixante-treize. Il les a comptés. Neuf cent soixante-treize. Ni plus ni moins. Le temps d’achever, génère un doute. Le temps passe trop lentement pour les reconnaître. Enlacés, pliés. Cassés. Neuf cent soixante treize, pourtant. Il en est sûr. Pas un ne manque à son appel, pas un n’ira s’enfuir lorsqu’on les conduira. Pas […]
Tu ne m’es pas indifférente et le nœud dans mon ventre lorsque tu me demandes une faveur est tangible. J’ai de l’estime… non, de l’amitié… certainement, j’ai quelque chose pour toi qui m’empêche de refuser. Et toi, de croire que tu ne me dois rien.
Quatre vers, six pieds. Quatre phrases lointaines. Une glissade épanouie revêt l’apparence d’un songe et me laisse, pantelant, rêver à une autre. Et réveil brutal, escarpement ignoré, éboulis délétère aveuglant ma pensée. Qui erre. La couche est vide.
Tape sur la peau. Crève les spores. Essore les poumons. Tend, sur la peau, un manteau rouge. Épaissit l’air, cille les narines. Engourdit les doigts. Fatigue, tout cela, et n’endort pas. Le temps d’avoir chaud.