Les carnets du Khan – 02/06/2026


Téléconsultation faite. Ordonnance reçue. On approche, on approche… et l’entraînement sérieux commence. Pas le physique, ça, on fait comme on peut avec ce qu’on a déjà, et ce n’est pas le moment de commencer. Disons que, si c’était le moment, il serait bien trop tard ! Pas non plus l’entraînement d’alpinisme. L’escalade, les pas, les appuis, le piolet, les tractions, tout ça, pareil, on fera avec ce qu’il y a.
Non. Aujourd’hui, c’est l’entraînement matériel qui démarre. Le plus important, le plus basique au premier abord, pourtant le plus exigeant, c’est de savoir maniper avec les gants. Pas les petits gants tactiles qui permettent de passer ses appels en randonnée ; pas les gants de ville en laine pour protéger ses mimines des 5° de février. Toujours pas les bons gants de cascade de glace parfaits pour s’amuser à Cogne ou à la Crémerie d’Argentière. Non, aujourd’hui le programme est beaucoup plus essentiel :  savoir ouvrir son mousqueton quart de tour avec les gros gants les plus chauds du rayon. Savoir ouvrir et fermer sa poignée d’ascension sur la corde avec les gros gants les plus chauds du rayon. Savoir installer descendeur et autobloquant sur une corde avec…. (vous voyez de quoi je parle).
Oui, quand je vois les errances du temps estival au sommet de mon Bleu Céleste, je me dis que je devrais même savoir maniper avec mes grosses moufles, les manchons estampillés expéditions polaires et autres Himalaya à – 50°. Mais ça, je n’y arriverai jamais, alors je m’entraîne dans la chaleur de mon bureau à enlever la couche extérieure goretex de mes moufles pour activer la lobster intérieure, mobile et quand même chaude.
Surtout, ne pas laisser les doigts sentir le froid !
Et si le temps paraît presque clément aujourd’hui, ne pas trop s’y fier.
Température au sommet du Khan Tengri -18°
Température ressentie au sommet du Khan Tengri -28°

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